Effacement des figures déchues dans l’histoire et infanticide inter‑lignée chez les animaux : deux mécanismes d’autorégulation des systèmes vivants et sociaux

Introduction

L’histoire humaine et le monde animal semblent appartenir à deux domaines radicalement distincts. Pourtant, certains comportements fondamentaux révèlent des logiques structurelles communes. L’effacement des personnages déchus dans les récits historiques, tout comme l’infanticide inter‑lignée observé chez de nombreuses espèces animales, participent d’un même principe : la préservation de la cohérence interne d’un système, qu’il soit social, politique ou biologique. Ces phénomènes, souvent perçus comme violents ou anormaux, répondent en réalité à des dynamiques profondes d’organisation, de mémoire et de survie.



L’effacement des figures déchues dans l’histoire

L’effacement volontaire de certains individus dans les récits historiques est un phénomène ancien et universel. Il ne s’agit pas d’un simple oubli, mais d’un acte intentionnel visant à remodeler la mémoire collective. Dans l’Antiquité romaine, la damnatio memoriae consistait à supprimer le nom, les statues et les traces matérielles d’un individu jugé indigne. En Égypte, des pharaons ont vu leurs cartouches martelés ou remplacés pour effacer leur légitimité. Ce processus peut prendre plusieurs formes : destruction d’artefacts, réécriture des chroniques, substitution iconographique ou marginalisation progressive dans les récits officiels. Dans tous les cas, l’objectif est identique : restaurer une continuité narrative en éliminant les éléments dissonants. L’effacement historique n’est donc pas un accident, mais un outil politique. Il permet de stabiliser un récit collectif, de renforcer une légitimité ou d’éviter qu’un contre‑exemple embarrassant ne fragilise l’ordre établi. La mémoire devient un espace de contrôle, où l’on choisit ce qui doit être conservé ou supprimé pour maintenir la cohésion du groupe.

L’infanticide inter‑lignée chez les animaux

Dans le monde animal, l’infanticide commis par un individu sur une progéniture qui n’est pas la sienne peut sembler aberrant ou cruel lorsqu’on l’observe avec un regard humain. Pourtant, ce comportement est largement documenté et s’inscrit dans des stratégies évolutives cohérentes. Chez les lions, les langurs, les ours ou les dauphins, un mâle nouvellement dominant peut tuer les petits de son prédécesseur. Ce geste accélère le retour en fertilité des femelles et maximise ainsi son propre succès reproductif. Dans d’autres espèces, l’infanticide peut réduire la compétition pour les ressources ou rétablir un équilibre hiérarchique. Ce comportement n’est donc pas une anomalie, mais une réponse adaptative. Il participe à la régulation du groupe, à la gestion des ressources et à la transmission des lignées les plus aptes. Loin d’être un dysfonctionnement, il constitue un mécanisme de sélection et d’optimisation inscrit dans l’évolution.

Une logique commune : la cohérence du système avant l’individu

L’effacement historique et l’infanticide inter‑lignée semblent appartenir à des univers sans rapport. Pourtant, ils obéissent à une même logique structurelle. Dans les deux cas, un système — qu’il soit social, politique ou biologique — identifie un élément comme incompatible avec sa stabilité. Cet élément peut être un dirigeant déchu, un rival génétique, un symbole embarrassant ou une progéniture non alignée avec les intérêts reproductifs du groupe dominant. Le système réagit alors par un mécanisme d’élimination. Dans l’histoire humaine, il s’agit d’effacer la mémoire matérielle et narrative d’un individu. Dans le monde animal, il s’agit d’éliminer une descendance qui ne contribue pas à la continuité génétique du dominant. Ces mécanismes révèlent une dynamique profonde : la survie d’un système dépend de sa capacité à contrôler sa mémoire, ses ressources et sa cohérence interne. L’individu devient secondaire face à la nécessité de maintenir un ordre fonctionnel. Ainsi, l’effacement historique et l’infanticide animal ne sont pas des anomalies, mais des manifestations différentes d’un même principe d’autorégulation.

Conclusion

L’étude croisée de ces deux phénomènes met en lumière une structure commune aux systèmes vivants et sociaux : la tendance à éliminer les éléments perçus comme perturbateurs pour préserver la cohérence globale. L’histoire humaine, avec ses effacements volontaires, et le monde animal, avec ses stratégies reproductives parfois brutales, illustrent une même logique d’optimisation et de continuité. Comprendre ces mécanismes permet de dépasser les jugements moraux et d’observer les dynamiques profondes qui façonnent les sociétés, les espèces et les récits. C’est aussi une manière de réfléchir à la manière dont les systèmes — qu’ils soient biologiques ou culturels — sélectionnent ce qui doit être transmis, oublié ou supprimé.

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Références

Damnatio memoriae (Encyclopaedia Britannica) https://www.britannica.com/topic/damnatio-memoriae

Effacement des pharaons (Metropolitan Museum of Art) https://www.metmuseum.org/blogs/now-at-the-met/2016/damnatio-memoriae

Infanticide chez les lions (National Geographic) https://www.nationalgeographic.com/animals/article/lion-infanticide-prides

Infanticide chez les primates (ScienceDirect) https://www.sciencedirect.com/topics/biochemistry-genetics-and-molecular-biology/infanticide

Infanticide et sélection sexuelle (Nature) https://www.nature.com/articles/35016058

 

Les missions Apollo méconnues : l’envers du programme lunaire

Quand on évoque Apollo, les images qui surgissent sont celles d’Armstrong descendant l’échelle du LEM, d’Aldrin posant devant le drapeau, ou encore du fameux « Houston, we’ve had a problem ». Pourtant, derrière ces moments devenus mythiques, une grande partie du programme Apollo reste largement ignorée du grand public. Des vols techniques sans équipage aux essais cruciaux qui ont rendu possible l’alunissage, ces missions méconnues ont pourtant façonné l’histoire spatiale.


AS‑201, AS‑202 et AS‑203 : les vols fantômes qui ont tout validé

Avant même qu’un astronaute ne monte dans une capsule Apollo, trois missions essentielles ont été menées :

AS‑201 (1966)

Premier test du module de commande Apollo. Objectif : vérifier la propulsion, la structure et la rentrée atmosphérique.

AS‑202 (1966)

Test plus poussé du module Apollo, avec une rentrée à haute énergie. Une étape indispensable pour simuler les conditions d’un retour depuis la Lune.

AS‑203 (1966)

Mission étrange : aucun module Apollo à bord. Objectif : étudier le comportement de l’hydrogène liquide dans l’étage S‑IVB. Ce test a permis de valider les futures mises à feu orbitales du Saturn V.

Ces trois missions, rarement citées, ont pourtant permis de sécuriser tout le programme.

Apollo 1 : la tragédie fondatrice

Le drame du 27 janvier 1967 a marqué un tournant. L’incendie au sol, qui a coûté la vie à Grissom, White et Chaffee, a entraîné une refonte totale du module de commande. Sans cette remise à plat, Apollo 11 n’aurait jamais pu décoller.

Apollo 4 : le premier rugissement du Saturn V

Apollo 4 est la première mission du mythique lanceur Saturn V. Objectifs :

  • tester tous les étages du lanceur,

  • valider la rentrée à vitesse lunaire,

  • démontrer que l’ensemble du système Apollo fonctionne.

Mission réussie : le programme peut enfin viser la Lune.

Apollo 5 : le LEM prend vie

Vol inhabité mais crucial. Objectif : tester le module lunaire (LEM) en orbite terrestre. Sans ce vol, impossible de garantir que le LEM survivrait à l’alunissage.

Apollo 6 : le dernier test avant les humains

Mission agitée : vibrations, moteurs coupés, anomalies multiples. Malgré les problèmes, la NASA valide le Saturn V pour un vol habité. Une décision audacieuse qui montre l’urgence de la course à la Lune.

Apollo 7 : le premier vol habité réussi

Peu populaire car éclipsé par Apollo 8 et 11. Pourtant, c’est la première mission habitée du programme. Elle valide le module de commande reconstruit après Apollo 1. Sans ce succès, aucune mission lunaire n’aurait été autorisée.

Pourquoi ces missions sont-elles oubliées ?

  • Elles n’ont pas aluni.

  • Elles étaient techniques, parfois sans équipage.

  • Elles n’ont pas bénéficié de la médiatisation des grandes missions.

  • Elles ont été éclipsées par les exploits spectaculaires d’Apollo 8, 11, 12, 13…

Pourtant, elles constituent l’ossature invisible du programme Apollo.

Conclusion : l’ombre qui rend la lumière possible

Les missions Apollo les plus célèbres n’auraient jamais existé sans ces vols précurseurs, souvent austères, parfois risqués, toujours essentiels. Comprendre Apollo, c’est aussi reconnaître l’importance de ces étapes méconnues qui ont permis à l’humanité de poser le pied sur un autre monde.

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Trière : un navire au cœur de la puissance antique

La trière occupe une place centrale dans l’histoire navale de la Méditerranée. Conçue pour la vitesse, la manœuvrabilité et l’impact, elle a permis aux cités grecques de projeter leur puissance, de protéger leurs routes commerciales et de remporter des victoires décisives. Plus qu’un simple navire, la trière fut un système d’armes complet, associant innovation technique, organisation humaine et stratégie politique.



Conception, structure et caractéristiques

La trière se distingue par sa coque longue et étroite, optimisée pour la vitesse. Elle est propulsée par 170 rameurs répartis sur trois niveaux : thranites, zygites et thalamites. Cette organisation exige une synchronisation parfaite, assurée par un chef de nage qui transmet les ordres du pilote. La direction repose sur deux gouvernails latéraux, permettant des virages rapides et précis. Le triérarque, citoyen fortuné, assume la responsabilité du navire, tandis que le kybernètès pilote la manœuvre. L’éperon de bronze fixé à la proue transforme la vitesse en arme, faisant de l’éperonnage la tactique centrale de ce navire.

Un système d’armes révolutionnaire

La trière introduit une rupture dans l’art de la guerre navale. Sa légèreté et sa réactivité permettent des tactiques inédites comme le diekplous, consistant à percer la ligne ennemie avant de pivoter pour frapper l’arrière, ou le periplous, visant à contourner la flotte adverse. Ces manœuvres exigent une discipline collective exceptionnelle et une maîtrise parfaite du rythme de nage. La trière n’est pas seulement un navire : c’est une machine de précision fondée sur la coordination humaine.

Les grands faits d’armes des trières

Les trières s’illustrent dans les guerres médiques, notamment à Artémision et surtout à Salamine, où la flotte grecque attire les navires perses dans des eaux étroites pour exploiter sa supériorité manœuvrière. À Mycale, elles participent à la destruction de la flotte perse échouée, scellant la fin des ambitions navales de l’Empire achéménide. Durant la guerre du Péloponnèse, elles deviennent l’instrument principal de la rivalité entre Athènes et Sparte, culminant dans des batailles comme Naupacte, les Arginuses ou Aigos Potamos.

Les motivations profondes de ces exploits

Les faits d’armes des trières répondent à des nécessités multiples. Le contrôle des routes commerciales est vital pour les cités grecques, dépendantes des échanges maritimes. La maîtrise de la mer conditionne également leur survie politique : perdre la flotte, c’est perdre l’indépendance. Les rivalités impériales, notamment entre Grecs et Perses ou entre Athènes et Sparte, poussent au développement de flottes toujours plus puissantes. Enfin, la trière est aussi un outil civique : les rameurs, souvent issus des classes populaires, participent directement à la défense de la cité, renforçant le lien entre démocratie et puissance navale.

Le coût d’une trière et l’économie navale

Construire une trière représente un investissement considérable. Les matériaux, l’éperon de bronze, l’entretien et la solde des équipages pèsent lourd dans les finances publiques. Le triérarque, chargé d’armer le navire, assume une part importante de ce coût. Athènes, grâce aux tributs de la Ligue de Délos, parvient à entretenir une flotte de près de 300 trières, véritable pilier de son empire maritime. Le coût élevé de ces navires explique pourquoi seules les cités les plus riches peuvent maintenir de grandes flottes.

La puissance des flottes antiques

La flotte athénienne domine la Méditerranée orientale au Ve siècle av. J.-C., tandis que les Perses s’appuient sur les trières phéniciennes et ioniennes. D’autres cités, comme Corinthe ou Égine, disposent également de forces navales significatives. La taille des flottes varie de quelques dizaines à plusieurs centaines de navires, mobilisant des milliers de rameurs, marins et soldats. La logistique nécessaire à leur entretien constitue un défi permanent.

Comparaisons technologiques modernes

L’équivalent contemporain de la trière ne se trouve pas dans les grands navires de guerre, mais dans les unités rapides d’interception, les patrouilleurs légers ou les drones navals autonomes. Comme la trière, ces engins misent sur la vitesse, la manœuvre et la précision pour obtenir un avantage tactique local. Ils opèrent souvent en essaims, dans des zones littorales complexes, perpétuant une logique stratégique vieille de vingt-cinq siècles.

Conclusion : l’héritage de la trière

La trière demeure un symbole de l’ingéniosité navale antique. Elle a transformé la manière de faire la guerre en mer, influencé l’organisation politique des cités et marqué durablement l’histoire méditerranéenne. Son héritage se retrouve aujourd’hui dans les doctrines navales modernes, qui continuent de valoriser la vitesse, la manœuvre et la coordination. La trière n’est pas seulement un vestige du passé : elle est un modèle intemporel de stratégie et d’ingénierie.

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Références

 

Tchernobyl : une pyramide maudite en devenir

Un monument du désastre

Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a libéré une quantité massive de radioactivité. Pour contenir l’urgence, un sarcophage de béton et d’acier fut construit en quelques mois. Sa durée de vie était estimée à seulement vingt à trente ans, et dès les années 1990 il montrait des fissures et des faiblesses.



La Nouvelle Arche, colosse moderne

Afin de prolonger la protection, une Nouvelle Arche de confinement fut édifiée entre 2007 et 2019. Ce géant d’acier, haut de 108 mètres, large de 162 et long de 257, est conçu pour durer cent ans. Mais cent ans ne sont qu’un souffle face aux millénaires de danger que représentent les radionucléides encore présents dans le réacteur, certains comme le plutonium‑239 ayant une demi‑vie de plus de 24 000 ans.

Une pyramide inversée

Les pyramides d’Égypte, construites il y a plus de 4 500 ans, se dressent encore aujourd’hui sans qu’aucune intervention humaine systématique n’ait été nécessaire pendant des millénaires. Le Parthénon d’Athènes, édifié il y a environ 2 500 ans, résiste malgré les guerres et les séismes. La Grande Muraille de Chine, commencée il y a plus de 2 000 ans, reste visible malgré l’érosion. Même les cathédrales gothiques, comme celle de Chartres construite au XIIIᵉ siècle, ont traversé près de 800 ans avec seulement des restaurations ponctuelles.

Ces monuments témoignent d’une durabilité passive : ils survivent grâce à la robustesse de leurs matériaux et à leur masse. La notion de conservation active, avec des lois, des budgets et des restaurations organisées, n’est apparue que récemment, au XIXᵉ siècle en Europe. Avant cela, les monuments traversaient le temps presque seuls.

Surveillance sans précédent

Tchernobyl, au contraire, inaugure une durabilité active permanente. Le sarcophage de 1986 n’a tenu que trois décennies. La Nouvelle Arche, malgré ses dimensions colossales, n’est prévue que pour un siècle. Et pourtant, la radioactivité impose une surveillance sur des milliers d’années. Là où les pyramides célèbrent l’éternité des rois, l’arche de Tchernobyl rappelle l’éternité du risque.

Conclusion

Tchernobyl est une pyramide maudite en devenir : un monument colossal, mais non pas à la gloire d’une civilisation. Il est le témoin d’une catastrophe et le gardien d’un danger qui dépasse les générations. Pour la première fois, l’humanité doit inventer une mémoire du danger, inscrite dans le temps long, et accepter qu’un monument ne soit pas seulement un héritage culturel, mais un avertissement pour les siècles à venir.

Mais il faut ajouter une nuance essentielle : rien n’est certain concernant la surveillance sur le long terme. Les institutions, les technologies et les sociétés humaines changent, parfois disparaissent. La continuité de la vigilance, indispensable pour contenir la radioactivité pendant des millénaires, reste une hypothèse fragile. Tchernobyl n’est donc pas seulement un défi technique, mais un défi civilisationnel dont l’issue demeure incertaine.

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Sources

IAEA – Chernobyl accident summary https://www.iaea.org/topics/chernobyl

World Nuclear Association – Chernobyl Accident 1986 https://world-nuclear.org/information-library/safety-and-security/safety-of-plants/chernobyl-accident.aspx

Vie-publique.fr – La protection du patrimoine monumental : une préoccupation récente https://www.vie-publique.fr/eclairage/276597-la-protection-du-patrimoine-monumental-une-preoccupation-recente

 

La mémoire de notre civilisation en péril

L’exemple de l’Égypte ancienne

La civilisation égyptienne nous a laissé des monuments colossaux, parmi lesquels les pyramides. Ces constructions soulèvent encore aujourd’hui de nombreuses interrogations : comment ont-elles été bâties, avec quels moyens techniques et quelle organisation sociale ? Les pierres sont là, massives et indestructibles, mais la mémoire des procédés a disparu. Aucun texte détaillé, aucune archive technique ne nous explique clairement la méthode. Nous devons reconstruire par hypothèse ce que les Égyptiens savaient, mais qu’ils n’ont pas transmis.



La mémoire des guerres récentes

Plus près de nous, la Seconde Guerre mondiale illustre une autre forme d’effacement. Les témoins directs, survivants des camps, résistants, soldats ou civils, disparaissent peu à peu. Avec eux s’éteint la transmission vivante, celle qui donne chair aux faits et qui permet de saisir l’essence de ce qu’ils ont traversé. Il reste des archives, des films, des témoignages écrits et des manuels scolaires, mais cette mémoire devient indirecte, filtrée et figée. Les générations futures liront des récits, mais elles ne pourront plus entendre la voix tremblante d’un survivant ni ressentir la force de l’expérience vécue. Ce sera juste de l'Histoire faite d'histoires, à presque en devenir des faits irréels, tant ils seront lointains et noyés dans la brume du passé. On pourra aussi parfois décrire certains faits comme des contes, des légendes, ou alors pire, douter que ce puisse un jour avoir existé, sous couvert de théories du complot ou d'histoire revisitée ! 

Le parallèle avec notre époque

Notre civilisation produit des œuvres et des infrastructures impressionnantes : gratte-ciel, réseaux numériques, machines complexes, voyages spatiaux. Pourtant, la mémoire qui accompagne ces réalisations est fragile. Les archives numériques sont menacées par l’obsolescence des formats, la disparition des logiciels et le vieillissement des supports. Si notre humanité subsiste dans des siècles, elle retrouvera peut-être les traces matérielles de nos réalisations, mais sans les explications. Comme pour les pyramides, les générations futures se demanderont comment nous avons pu accomplir tout cela.

La mémoire qui s’efface

La mémoire lithographique — pierre, métal, papier — a prouvé sa durabilité, mais elle dépend du déchiffrement des langues et des codes. C'est le cas, par exemple, pour les tablettes d'argiles qui ont été cuites lors d'incendies, et nous on fait parvenir des textes en écriture cunéiforme qu'on a pu déchiffrer. Quant aux tablettes de bois ciré de cette époque, elles ont été réduites en cendre. Le papier se conserve mal et les exemplaires anciens que l'on retrouve sont, soit en mauvais état, ou alors ont bénéficié de conditions de conservation particulièrement favorables. La pierre, lorsqu'elle n'est pas soumise aux intempéries, peut conserver très longtemps ce qu'on y a gravé. La mémoire numérique, quant à elle, très récente, est sans doute la plus fragile de toutes : sensible aux radiations, au vieillissement et à l’obsolescence. Sans une stratégie active de conservation, par copie et restauration régulière, il est probable que nos savoirs numérisés disparaissent peu à peu, laissant derrière nous des vestiges muets.

Le secret de fabrication, une mémoire condamnée

Certains savoirs techniques disparaissent par nature, car ils ne sont jamais pleinement documentés. Par exemple, la recette exacte du béton romain, capable de durcir sous l’eau et de durer des millénaires, reste partiellement mystérieuse malgré les recherches modernes. De même, les procédés de fabrication artisanale, les gestes d’atelier, les réglages empiriques ou les savoir-faire transmis oralement s’effacent dès que les praticiens disparaissent. Ces connaissances sont rarement consignées dans des archives formelles. Elles reposent sur l’expérience, l’intuition, l’adaptation — autant de dimensions difficiles à transmettre par écrit ou par code. Dans notre époque numérique, cette perte est aggravée par la fragmentation des chaînes de production et la dépendance à des systèmes opaques. Ainsi, même si les objets subsistent, leurs modes de fabrication risquent de devenir incompréhensibles, comme les pyramides ou les temples antiques.

Les déchets comme archives involontaires

Il est possible que les traces les plus durables de notre civilisation ne soient pas nos bibliothèques numériques, ni même papiers, mais nos déchets. Plastiques, métaux lourds et résidus radioactifs résisteront des millénaires. Les anciennes décharges, qui jadis, étaient à ciel ouvert, mais ont été pudiquement enfouies, et même les déchets qu'on enfoui dans d'anciennes mines pourraient devenir les sites archéologiques du futur, comme les dépotoirs antiques qui renseignent aujourd’hui sur les modes de vie passés.

Conclusion

L’exemple des pyramides montre que même une civilisation prospère peut perdre la mémoire de ses propres réalisations. La Seconde Guerre mondiale nous rappelle aussi que les événements récents s’effacent avec la disparition des témoins. Notre époque court le même risque : les traces matérielles subsisteront, mais la mémoire des savoirs, des méthodes et des expériences humaines pourrait disparaître.

Préserver la mémoire est une démarche profondément humaine, mais elle se heurte à un constat presque naturel : toute mémoire finit par s’effacer. Les supports se dégradent, les langues se transforment et leurs origines s’oublient, les témoins disparaissent. Notre présent est voué à l’oubli, dans un futur peut être pas si lointain, et ce qui subsistera ne sera qu’une trace fragmentaire, parfois muette, que les générations futures devront interpréter comme nous le faisons aujourd’hui avec les vestiges des civilisations disparues.

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Références

 

Luminescence stimulée optiquement et Intrication Quantique Naturelle

Qu'est-ce que l’OSL

La luminescence stimulée optiquement, ou OSL, est une technique de datation largement utilisée dans plusieurs disciplines scientifiques. En archéologie, elle permet de dater des sites préhistoriques, des outils enfouis ou des structures anciennes. En géologie, elle sert à déterminer l’âge de dépôts sédimentaires tels que les dunes, les alluvions ou les glissements de terrain. En paléoclimatologie, elle aide à reconstituer les cycles d’enfouissement et d’exposition des sols afin de mieux comprendre les variations climatiques passées. Elle est également employée pour analyser les dépôts liés à des catastrophes naturelles comme les tsunamis, les séismes ou les inondations, et enfin dans les sciences de l’environnement pour suivre l’évolution des paysages et des dynamiques fluviales ou littorales.



Définition de l’OSL

L’OSL est une propriété des minéraux, principalement le quartz et le feldspath, qui repose sur la capacité de leur réseau cristallin à piéger des électrons dans des défauts structurels. Lorsqu’un grain est exposé à la lumière du soleil, ces électrons piégés sont libérés et les pièges sont vidés. Dès que le grain est enfoui et n’est plus exposé à la lumière, les électrons recommencent à s’accumuler sous l’effet du rayonnement naturel provenant de l’environnement, notamment l’uranium, le thorium, le potassium et les rayons cosmiques.

Principe de la datation OSL

La datation par OSL suit un protocole rigoureux. Les échantillons doivent être prélevés sans exposition à la lumière afin de ne pas vider les pièges. En laboratoire, les grains sont stimulés par une source lumineuse contrôlée, comme un laser ou une LED. Cette stimulation libère les électrons piégés, qui produisent une luminescence mesurable. L’intensité de cette luminescence correspond à la quantité totale d’énergie accumulée depuis le dernier vidage des pièges par exposition solaire, appelée dose équivalente (De). Le débit de dose (Dr), qui est le taux de radiation naturelle du site, doit être mesuré directement sur place car il dépend de la composition géologique et des conditions locales. L’âge est ensuite calculé par la formule Âge = De / Dr.

Caractère cumulatif

L’OSL est un phénomène cumulatif. Les électrons s’accumulent progressivement dans les pièges proportionnellement au rayonnement reçu depuis le dernier vidage. Le débit de dose conditionne la vitesse d’accumulation et la précision de la datation dépend donc de la mesure exacte du rayonnement ambiant.

Rémanence quantique

L’OSL peut être interprétée comme une rémanence quantique cumulative. Les électrons piégés constituent des états métastables qui enregistrent l’énergie reçue depuis la dernière exposition lumineuse. La stimulation optique ou thermique en laboratoire libère cette mémoire sous forme de luminescence. Il s’agit donc d’un état figé qui conserve l’accumulation d’influences radiatives depuis le dernier vidage des pièges.

Lecture dans le cadre de l’IQN

La théorie de l’intrication quantique naturelle (IQN) propose que les systèmes gardent une mémoire ou une influence à distance, au‑delà des interactions locales. Dans la mécanique quantique standard, l’OSL est décrite comme une accumulation locale d’électrons piégés, vidés par exposition lumineuse. Dans la lecture proposée par l’IQN, l’OSL devient un état figé par influence, où la mémoire est comprise comme une rémanence cumulative d’une interaction distante inscrite dans la matière.

Conclusion

La luminescence stimulée optiquement est un outil de datation basé sur l’accumulation d’énergie piégée depuis le dernier vidage des pièges par la lumière. Elle illustre un phénomène quantique cumulatif. Dans le cadre de l’IQN, elle peut être comprise comme une manifestation locale d’une mémoire universelle des influences, figée dans la matière jusqu’à sa libération par stimulation.

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Références

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